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Thenqol - La Parole (Qol) des Idées (Then)

 
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Yiuel
Láni Lazhin
Láni Lazhin


Joined: 27 Nov 2005
Posts: 832
Location: Cent-Maisons, Cévé, Melville

PostPosted: Fri Dec 02, 2005 3:05 am    Post subject: Thenqol - La Parole (Qol) des Idées (Then) Reply with quote

Voilà qu'on m'argumente qu'il y a, nécessairement, dans une langue, plus d'une catégorie grammaticale! Je ne dirai pas qui (Smile) mais je démontrerai, le long de cet envoi, qu'il peut effectivement y avoir une langue qui ne possède qu'une catégorie grammaticale. Une langue qui ne distingue même pas le verbe du substantif, pour être précis.

---

Commençons par le commencement, avec une explication de la phonologie :

Le Thenqol distingue 28 phonèmes. Les voici décrites selon l'ordre Pabet (de l'alphabet) :

latinisation = x-sampa

A = a
E = e
I = i
O = o
U = u
P = p
B = b
T = t
D = d
K = k
G = g
F = p\
V = B
S = s
Z = z
X = x
Q = G
M = m
N = n
Nh = N
W = w
L = r\
J = j
Th = T
Dh = D
Sh = S
Zh = Z
R = 4

Le Thenqol n'a aucun accent tonique, il possède cependant un accent d'hauteur, qui sera ici noté par un trait d'union là où il y a la chute de l'accent. L'accent d'hauteur est plus que phonétique : il est grammatical. Il intervient dans la construction d'une unité morphologique (qomum). Il n'est donc pas pertinent de savoir où tombe l'accent dans un mot, car l'idée n'a pas de sens en Thenqol : c'est l'unité morphologique qui décidera de sa position.

LE RADICAL, ou Themum

En Thenqol, un radical est un morphème possédant qu'un seul signifiant. Sur le plan phonétique, il se distingue par son arrangement phonologique : un radical sera obligatoire commencé par une consonne et terminée par une consonne, puis, entre deux consonnes, on peut placer autant de voyelles que l'on désire, tant que chaque voyelle est séparé des autres par une consonne, et tant qu'il n'y a pas de consonnes contigües :

radicaux possibles :

t (et)
wan (individu)
tasaw (monde, planète océano-tellurique)
rekiger (est)
zilavabom (prince)
dakoshazilan (empereur roi des rois)
etc.

radicaux impossibles :

**nt
**kaate
**atan
**vastuk*
**shameri

* "vastuk" est cependant possible dans un autre contexte.

La seule exeption à cette règle sont les cinq radicaux numéraux :

a = un certain nombre de
i = tous
u = un
e = plusieurs
o = quelques

Il est possible de créer, à partir de plusieurs radicaux, de nouveaux radicaux. Les règles sont fastidieuses, mais voici quelques exemples simples :

zil = guidage
wan = individu, chose
zilan = roi (celui qui guide)

taw = continent
saw = océan
jaw = cosmos
jatasaw = univers (la mer, la terre et le ciel)

LE MOT, ou "Themudom"

Un mot peut être composé d'un ou plusieurs radicaux. Le radical principal, ou de base, se place à la fin de ce mot. Le mot peut comporter ce que l'on utilise comme qualificatifs. Le qualifiant précède toujours le qualifié :

Kaw'than'rak'tum'n'zilan
Ceci-pays-origine-grand-le-roi
Le grand roi de ce pays

Kaw'zilan'tum'n'rak'than
Ceci-roi-haut-le-origine-pays
Le haut pays d'origine de ce roi

LA PROPOSITION, ou "Qomum"

La proposition est l'équivalent du complément circonstenciel en français. Il se compose de deux parties, le joueur et le placeur. Le placeur est l'élément qui indique quelle partie du contexte que l'on décrit ; le joueur est la description de la partie du contexte. Ainsi :

zilan-rat maw-kir
roi-(pied) île-(destination)

Ainsi, dans la situation donnée, nous décrivons le "pied" (par synecdote celui qui marche, qui va) et la destination. Nous disons du pied que c'est "roi", et nous disons de la destination que c'est "île".

Ainsi, on peut traduire plus ou moins littéralement la phrase comme étant :

Le pied est le roi, puis la destination est l'île.

En français standard, une meilleure traduction serait :

Le roi va sur l'île.

Rien n'empêche que, d'une part où de l'autre de la proposition, le mot puisse être polysyllabique :

kawan'dazilan-rat maw-kerek'kir'taj
moi-roi-(pied) île-(voyage-destination-lieu)

L'accent de hauteur tombe entre les deux parties. Ainsi, le joueur est-il prononcé haut, et le placeur est-il prononcé bas.

L'ÉLOCUTION (LA PHRASE), ou "Qomudom"

La phrase est une suite de propositions. L'ordre des propositions suit l'ordre dans lequel ils sont utiles dans la conversation :

kawan-tar nawan-tir kuqol-dad nawan-xan dhaw-xin maw-xidtaj
moi-(main) toi-(prise) ceci'dit-(existence) toi-(oeil) quoi-(vision) île-(beau-lieu)

La traduction est la suivante :

Que te fais-je voir en cette belle île?

On note ici comment un lien de cause à effet est exprimé :

Je te prends, cela étant, tu regardes quoi de la belle île?

---

J'espère que cette présentation sommaire puisse dissiper tout doute sur le fait que le Thenqol n'a pas plusieurs catégories grammaticales. (À noter cependant l'extrême foisonnement des types de compléments, qui n'ont aucune limite théorique - bien qu'en pratique, il y ait une limite, hormis en poésie - et qu'ils remplacent convenablement toute catégorisation grammaticale. Il est évident qu'une éventuelle évolution serait une catégorisation...)
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Last edited by Yiuel on Fri Dec 02, 2005 3:10 am; edited 1 time in total
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Aszev
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Joined: 04 Aug 2005
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Location: Scaith

PostPosted: Fri Dec 02, 2005 3:06 am    Post subject: Reply with quote

ou00t!
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PieroLoMonaco
Láni Lazhin
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Joined: 10 Oct 2005
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PostPosted: Fri Dec 02, 2005 1:10 pm    Post subject: Reply with quote

Yahoo!!!! J'ai toujours attendu ce moment!
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Yeva Agetuya
Fheari Lazhin
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Joined: 18 Nov 2005
Posts: 164

PostPosted: Tue Dec 27, 2005 12:53 am    Post subject: Reply with quote

Cet article ressemble plus à une pub qu'à une simple étude de l'opposition verbe/nom.

Quoiqu'il en soit, ce n'est guère convaincant : je remarque que tous tes exemples sont au présent de l'indicatif (cas zéro), et qu'il n'y a aucune explication sur les déclinaisons (ou sur les mots grammaticaux qui en tiennent lieu).

Cependant, je déchiffre que "-rak" est la marque de l'ablatif et "-kir" celle du terminatif.

Tu as donc des mots qui ne sont pas de simples noms.

kawan'dazilan-rat maw-kerek'kir'taj
moi-roi-(pied) île-(voyage-destination-lieu)

En plus, il n'est pas nécessaire de compléter "kir" (destination) par "taj" (lieu) puisqu'une île est un lieu...

De même, si "pied" (rat) signifie aussi "aller" (et "marcher", je présume), pourquoi ajouter "voyage" ?

Ceci devrait signifier "moi, le roi, je vais me promener sur l'île" et non "le roi va sur l'île"...

Et comment écris-tu "la marche me fait mal aux pieds" ? "moi-pied moi-mal moi-pied" ? Mr. Green
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Nemszev
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Joined: 14 Nov 2005
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PostPosted: Tue Dec 27, 2005 11:19 am    Post subject: Reply with quote

Je suis heureux de voir que je ne suis pas le seul à avoir été critiqué par Yeva Very Happy
Bon courage pour cette langue qui a l'air pas mal! Wink
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Yiuel
Láni Lazhin
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Joined: 27 Nov 2005
Posts: 832
Location: Cent-Maisons, Cévé, Melville

PostPosted: Sun Jan 01, 2006 1:39 am    Post subject: Reply with quote

Effectivement, mes mots ne sont pas de simples noms. Il est même vain, je crois, de faire des "phrases" avec des mots qui n'ont pas de relations entre eux.

C'est plutôt de voir quels genres de relations ils ont.

Ta première critique repose sur le temps. En Thenqol, c'est un concept qui n'est pas grammaticalisé. Toute phrase peut se comprendre comme étant "intemporel" : on ne la place pas dans le temps, c'est le contexte qui le fera. Ainsi,

kawandazilan-rat maw-kerekkirtaj

peut se comprendre comme étant soit au passé, soit au présent, soit au futur, soit à l'imaginaire soit à... puisque la phrase ne le précise pas. Le cas zéro en Thenqol n'est pas le cas "simple", c'est le cas "tu sais ce dont je parle, et je n'ai pas besoin de te le dire". À la limite, le temps pourrait être une horreur grammaticale en français, et le Thenqol n'y verrait que du feu...

Un cas non-simple ajoutera un -zhab[agar] (temps) avec une situation temporelle. Un cas classique, pour le présent, serait :

kiw-zhab (ici-temps)

Pour ce qui est de la grammaire, on peut effectivement voir cela comme des déclinaisons (et d'ailleurs, c'est bien la base sur laquelle je me suis reposée). Cependant, c'est une déclinaison agglutinative, tout d'abord, puis, cette déclinaison est sémantique, et non "grammaticale". "Kir" et "rak" sont des mots tous aussi chargés de sens que peuvent l'être "sal" (ligne) ou "taw" (terre).

Sal et taw peuvent (dans des cas, avouons-le, étranges pour nous) être utilisés dans la seconde partie. J'ai décrit une poésie Thenqol : "nhal-mij". MIJ, c'est la lumière. Rien à y redire. Cependant, quel peut-être le nom de cette déclinaison? La "luminosité"? Disons que c'est un usage fortement étendu du concept de la déclinaison, d'où l'idée d'une "copule" plus que d'une déclinaison.

Cette déclinaison serait d'ailleurs vaine à expliquer, puisque tout mot peut devenir déclinaison (et toute déclinaison peut devenir mot). C'est de là l'idée d'une seule catégorie "grammaticale". Bien sûr, dans le fond, on voit bien une différence importante entre les deux parts du mot, mais ces parts sont tout de même construites à partir des mêmes radicaux. Et bien entendu, ni verbe ni nom comme distinction.

Pour ce qui est de la phrase même, analysons plus en détail le sens de la phrase :

kawan'dazilan-rat maw-kerek'kir'taj

Le sens de "rat"

Si rat a évidemment une part de connotation envers la marche, "rat" ne veut pas dire "marcher", même pris dans le sens littéral. Ça ne veut dire que pied. "Ratoger" est le terme pour la marche (de Rat-won-ker, "aller par le pied"). Je ne décris pas, dans ce "rat", qu'il marche. Je signale qu'il est le "pied". Quelle connotation doit-on donner tient du contexte. Doit-on le prendre littéralement comme le pied de la personne, comme une métonymie, etc, la phrase elle même ne sert de rien.

"kerekkirtaj"

"Kir" donne effectivement une sensation de "destination". Cependant, "taj" est la partie principale. C'est "le lieu". Donc, c'est le lieu de la destination. Ça semble inutile de la préciser (et, familièrement, une telle distinctione est franchement inutile), mais ça donne la connotation suivante :

"sa destination est sur l'île, mais ce n'est pas l'île même"

Cela revient à dire que le roi ne criera pas victoire parce qu'il a marché sur les côtes de l'île ou à quelqu'autre endroit.

Maintenant, kerek n'est simplement qu'un "aspect", que l'on aurait pu inclure autrement. Cependant, une opposition aurait pu être faite entre un "sarkirtaj" et un "kerekkirtaj" (je dois aller à... mais en même temps je vais visiter ...). D'autres oppositions de ce genre sont possibles.

Cependant, attention. Un locuteur du Thenqol aurait réduit Maw-kerekkirtaj, par "maw-taj" (le lieu, c'est l'île). Parce que l'ile n'est pas la destination (quoiqu'elle puisse le devenir par métonymie, comme l'est "rat").

Finalement, pour détruire toute idée de déclinaison, posons l'indroduction suivante :

Maw-zhab,

Si maw-taj semble être une évidence, maw-zhab en est moins une. Nous avons dit que zhab était un marqueur de temps. Cependant, c'est l'île :

"l'île est le temps"

Que doit-on comprendre de cela? Nous pourrions imaginer en français :

À une époque lointaine, sur l'île de ...

Ou tout autre variation. Cependant, ça ne rend pas la concision (ni l'ambiguité) de mawtáj.

Ainsi, qu'est-ce que "maw"? Est-ce réellement une île, comme on l'entend en français, ou est-ce un concept beaucoup plus flou qui inclut une définition temporelle aussi, mais en même temps la définition géographique commune au français?

Et pour ta dernière phrase :

"marche-acte pied-douleur"
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